mercredi 10 juin 2015

Emy Norca#3.

Merveilles du rire, résonances
Atténuées par le souffle du vent,
N'en témoignent les divins, cette excellence
Énigmatique, chers enfants.
Garance de nos plus tendres sentiments
Entends-tu son coeur battant ?
Symbole sacré de ses souffrances..

 E.J.S { Mad Hatter }.

Emy Norca#2.

Mes longues prestigieuses
Ovations populaires
Ne sont sans déplaire,
Satire désireuse,
Tant bâclées. Quel calvaire !
Répondant à l'appel, de ses mines rieuses.
Et fou de la reine.. j'exécute de travers !

 E.J.S { Mad Hatter }.

Emy Norca#1.

Attristant. Tremblements,
Irrévocables, mémoire
Déviante, boire, déboires
En exthase. Vivants ?

Misère de corps, de croire
Ô vie d'un jour vain, vent
Impérissable, hasard ?

E.J.S {Mad Hatter}.

lundi 25 mai 2015

Rêver ou ne pas rêver, c’est là la question.


Entre Lysandre.

LYSANDRE. — Rêver ou ne pas rêver, c’est là la question. M’accusant d’utopie, c’est la désillusion que je considère dans votre regard. Que me présentez-vous, plein de considération ? Une vraie réalité ? J’en demeure encore interdit. Est-ce un mal que de prétendre à l’eau claire quand le reste n’est que marée ? Oui messieurs, je prône de rêver, mais me dispense à l’idéalisme. Les yeux ouverts, le sourire piètre, la démarche chétive. Je m’interroge sur le sens de votre identité.

Des pas lourds, des heures longues… (parcourt la scène) Que de choix, vie enviable ! Quel accablement ! Votre destinée mérite le désir ? Au royaume des aveugles, je ne suis pas le roi. Ecarté et indésirable, quelle fatalité m’imposez-vous ? Qui voudrait suivre une existence … dénuée de désirs ? Ainsi absente de passion, pour ne dire vaine ? Je me le demande. 
Je suis rêveur ? Mais des rêves…  Diable ! N’en sommes-nous donc pas bercés ? Et tout ne meurt donc pas vers l’âge de raison ? Dans l’éclat de vos fourbes mensonges. Pardon à vous, j’ai sauté cette étape, et demeure infaillible.
Les songes sont le jour ; les songes sont la nuit. Tels des mirages, des mythes, des espérances, peut-être des chimères. Néanmoins, cette dernière ne cesse de m’apparaître sous le trait de vos visages.

Me crachant au visage, à tort et à travers, que mon monde virtuel n’est qu’illusion ! M’y cacherais-je ? Pas du moins. Ce n’est pas une fuite, puisque je suis là, à ce jour, sur mes deux pieds, dans le « réel ». Qu’est-ce le réel ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Si vous le concevez, existe-t-il vraiment Oui, je m’affirme dans l’imaginaire. Je dépasse vos limites, vos frontières, vos contraintes. Moi, mon monde est infini. Je construis et reconstruis, je crée, j’assemble, je forme, je compose. Je ne rêve pas, je vis.
C’est vrai, je fuis. Je fuis l’humiliation de votre société, votre crainte d’une foi absurde, vos enjeux de pouvoir corrompue. Je me désole de votre soif de souillures. (regarde le sol)

Je suis un voyageur, et je parcours mille fois le chemin de la vie. Si mon orientation est encore incertaine, j’errerais, en quête de concepts nouveaux. (lève la tête haute vers le public)

Je clame mes mots aujourd’hui, Père, Mère, Professeurs ! je me refuse à votre infâme réalité ! Je contemple une réalité plus manifeste que celle dont vous élogiez. Au revoir, je pars vivre ! 


E.J.S { Mad Hatter }.


vendredi 27 mars 2015

#19 Sans intérêt.

La cadence
Recommence.

Ô monde d'aisance !
Et dit immense..
Nous arrache.
Nous attache.
En celui ci.

Vaguement affreux,
Périlleux,
Nous dépéris. 

Bonjour, monde désenchanté
Ouvre nous tes bras !
Pour mieux nous poignarder.
Brise nous, trépas. 

Les portes se font grandes,
Maintes sont les offrandes.

Au prix de quelle nature ?
Nous sommes nous contre..
Enfants de luxure,
Qui sont les monstres ?

E.J.S { Mad Hatter }.

samedi 21 février 2015

#18 Sans intérêt.


Belle inconnue 
En ces beaux jours 
Je vous déclare 
Tout mon amour 
Si éperdu 
À votre égard

Votre douceur 
Votre candeur 
N'a nul égal 
 Que vos beaux yeux 
Qui donnent grand mal 
Aux amoureux

Ma jolie reine 
En cet instant 
J'ai de la peine 
J'ai le désir 
 De demeurer 
De devenir 
Unique amant 
De ta personne 
 Où l'art des mots 
Comme à Vérone 
Ne serait faux

Précieuse princesse 
Bien qu'aguicheuse 
Votre tendresse 
Est ravageuse
Chère inconnue 
Je te désire 
Car le sais-tu 
Je ne puis dire 
Ni réagir 
Entre tes bras 
Où je frisonne 
Et puis je râle 
Mais néanmoins 
Ça m'est égal 
Mon coeur résonne 
Que je suis tiens

E.J.S { Mad Hatter }.

Cher journal.

                                                          29 octobre 1975,
            Cher journal, 

Aujourd'hui, j'ai vingt ans. Ce n'est pas une journée comme les autres. Mon ami Jonathan m'a offert un petit cahier noir, vide, peu abîmé. Il a pu le dérober à notre fastidieuse bibliothèque. J'ai cru pleurer à la réception de son présent. Il me l'a déposé entre les mains, un sourire en coin, et un frisson m'a parcouru. Voilà mille ans que l'on ne m'avait décerné quelque chose. J'ai pu ressentir la joie de son cadeau. Cela me procure un effet fou si tu savais. Avec le crayon que je me suis procuré, je me sens comme nouveau. 

Vois-tu, ils me servent toujours leur fade nourriture sur leur plateau miséreux, mais elle paraît meilleure ce jour. Je suis toujours allongé sur mon lit de fer, grinçant, qui me brise le dos, et dont les couvertures râpent ma peau, mais il me paraît plus doux. Je ne suis pas tous les autres. 

Aujourd'hui, j'ai vingt ans. Je m'appelle Gabriel et cela fait trois années que l'on m'a emprisonné entre ces murs. 

                                                          4 novembre 1975,
            Cher journal, 

Tu seras Charlie. J'ai longtemps songé à te nommer. J'ai finalement trouvé. C'est le nom d'un de mes seuls amis, ceux de mon passé. Il était courageux, il osait tout dire, tout faire. Il ne s'est jamais arrêté devant qui que ce soit. Pas même devant leurs balles. Je l'aimais beaucoup.

Charlie, aujourd'hui, j'ai découvert une chose incroyable. Je passe énormément de temps dans notre bibliothèque, j'y suis au calme, au chaud, car le froid se montre doucement; et au loin du clan de Léo, ceux qui prennent tout ce qu'on possède, jusqu'à la dignité. J'ai trouvé un vieux livre sous un tas de journaux. La couverture est presque effacée, je n'ai pas eu voir le nom d'un quelconque auteur, mais j'ai pu déchiffrer des lettres qui semblaient former un titre, Fleurs du Mal. Il m'a tout de suite plu. Mon regard dérive, je le feuillette machinalement, mais des mots m'ont parut incompréhensibles. Un gardien est arrivé, il m'a crié dessus sans raison et m'a ordonné de me rendre à la promenade quotidienne, dans la cour. Cela m'a énervé, mais je n'ai pas bronché. Nous ne pouvions rien. J'ai glissé le petit livre sous ma chemise et je suis parti. J'ai pu le feuilleter plus tard sur mon lit de fer. Une chose m'intrigue, c'est la forme des écrits. Je ne les saisis pas bien. Ils sont centrés et ce sont des phrases courtes. J'ai questionné du regard Jonathan, il m'a expliqué que c'était un genre particulier, cela se nomme la Poésie. 

Jamais ce mot ne m'était parvenu. Entre les cris et le sang, peut-on avoir le temps pour l'Ecriture ? Il m'en a longtemps parlé. Jonathan, mon aîné de douze ans, était professeur dans un petit collège. Il vivait bien. Désormais, il est prisonnier de lui-même. Il a refusé de se plonger dans le livre, a tourné la tête et s'est couché. Avec la faible lumière de la Lune qui passe à travers les barreaux de fenêtre, je peux encore continuer à lire en me penchant quelque peu. C'est un don précieux que celui de lire et d'écrire. On me l'a enseigné à mon arrivé ici. Je ne saisis pas tous les mots, mais j'aime les sons qu'ils forment, ils semblent venir de loin. C'est une chanson, aux paroles parfois sombres..


                                                          13 novembre 1975,

            Cher journal, 

J'ai froid. C'est une période difficile. L'hiver nous gagne lentement. Chez nous, il dure quatre à cinq mois. J'ai à présent une force. Je la contrôle doucement Charlie. J'ai lu et relu l'oeuvre du poète inconnu. J'ai appris de nouveaux termes, j'ai compris de nouveaux sens. Je me sens vivant Charlie. Mon esprit n'a jamais autant tourné. C'est une force qui me dépasse. Mais une nouvelle idée m'est venue. Je veux pouvoir faire rêver les personnes, comme cet auteur mystérieux. Je me demande s'il était populaire, inconnu, riche, reconnu, dans l'ombre ou la lumière. Vivait-il de ses mots ? Jonathan m'a conté qu'une poignée des plus grands auteurs avaient ce prestige. N'est-ce pas une des plus belles choses au monde, que celle de vivre de ses mots ? 

Je veux m'ouvrir à un tel monde Charlie. Je veux monter haut. Mais mes ailes invisibles se sont retenues entre les barreaux. Mon corps demeure emprisonné. La haine me ronge parfois, le mal-être, le malheur. Je ne suis plus grand chose alors. Si tu me voyais Charlie. Ils m'ont détruit physiquement. Néanmoins, mon esprit, lui, demeure vivant. J'essaie peu à peu, à mesure que je t'écris, de saisir des expressions, des phrases, des mots. Je veux créer un monde moi aussi. Cet écrivain, lui, il en créait deux. L'un sublime et idéaliste, l'autre damné et étouffant. Y parviendrais-je moi ? A jouer de phrases, de sens, de paroles si belles à l'unisson ! 

                                                          2 décembre 1975,
            Cher journal, 

Comme les jours passent et se ressemblent. Je ne t'ai rien conté depuis des jours. Je voulais tester, me tester. Je voulais écrire, inventer, créer. Je me perds entre les mots autant qu'entre ces murs. Mais il me suffit de relire ses mots à lui pour revivre. L'adrénaline me revient alors. 

Charlie, je n'ai pas de voix. Elle s'est tue dès j'ai franchit leurs barreaux. Si je n'en possède plus, j'ai encore mon crayon. J'ai froid, je tremble. L'Hiver nous affaiblit terriblement. Mais je veux le vaincre, ce vent glacial qui semble nous parcourir à même le sang. Depuis que la poésie m'est apparue, je suis plus confiant. Les mots me libèrent, je me sens presque important. Quelle médiocrité pour un prisonnier de vouloir paraître plus grand ! Nous sommes pourtant si bas, plus bas que terre. J'ai l'espoir fou de pouvoir écrire à ma sortie d'entre ces murs. Et ma voix, je l'attends ! Je suis sûr qu'elle me reviendra. Sur le côté de mon lit, j'ai gravé avec un morceau de verre ces mots : 

Ils ont bloqué mon corps,
Mais mon âme est loin.
Frère, je ne suis plus là.
Je ne suis pas mort. 
Après l'errance, 
Rien n'est plus vain.
Tout prend un sens. 

Charlie, ce sont mes premiers mots, mes premiers vers ! Il sont pour toi. Charlie, je garde espoir. Les mots me font vivre.

E.J.S { Mad Hatter }.